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Rapport Alloncle · Axe III / III

Axe III — De la gestion financière

Restitution dans l'ordre du rapport de la commission d'enquête sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l'audiovisuel public, publié le .

96 citations · 21 recommandations · 79 constats · Tous les axes →

Section 66 · p. 348–353

Un financement initialement assuré par les téléspectateurs via la contribution à l'audiovisuel public et désormais transféré à l'ensemble des contribuables

III. > A. > 1. > a.

« J'ai entendu tout à l'heure, on prend de plus en plus d'argent aux Français pour payer le service public. Mais ça vient de la TVA, c'est-à-dire de la consommation. Ceux qui consomment le plus paieront plus, ceux qui consomment le moins et qui ont moins de moyens paieront moins. C'est le principe de la TVA. »
Nagui Fam , Audition devant la commission d'enquête sur le financement par TVA (p. 349(PDF))
« Rapportée à l'inflation, l'évolution observable depuis 2017 revient à des économies de près de 670 millions d'euros. Cela revient à une diminution en volume de 14 % »
Sénateur Jean-Raymond Hugonet , Rapport général n° 139 tome III annexe n° 18, 24 novembre 2025, p. 58 (p. 349(PDF))
« 5 euros par mois »
Jean-Jacques Gaultier , Coût mensuel de l'audiovisuel public selon Jean-Jacques Gaultier, ancien député et président de la mission d'information sur l'avenir de l'audiovisuel public (2023) (p. 351(PDF))
« ailleurs [soit dans les abonnements à des services privés], il faut parfois payer plus du double pour quelques matches de football seulement »
Jean-Jacques Gaultier , Comparaison avec les abonnements privés, compte rendu n° 27, 4 février 2026 (p. 351(PDF))
« la sous-estimation initiale des travaux à réaliser et une dérive progressive des coûts, résultant d'imprévus et d'ajustements successifs du projet »
Cour des comptes , Rapport de la Cour des comptes, Radio France : exercices 2017 et suivants, 14 octobre 2024 (p. 352(PDF))
« L'État aura participé à l'opération de réhabilitation et à la rénovation des studios de création par un financement de 70 % du coût des travaux, soit près de 402 millions d'euros du coût total de 571 millions d'euros HT (685 millions d'euros TTC) »
Cour des comptes , Rapport Radio France : exercices 2017 et suivants, p. 117 (p. 352(PDF))
« M. Charles Alloncle, rapporteur. La rénovation de la Maison de la Radio, le chantier de tous les dérapages financiers, devait durer six ans mais il en a duré quatorze. Évalué initialement à 355 millions d'euros en 2008, il s'est achevé en 2023 avec un coût final de 493 millions d'euros, soit un dérapage de 40 %. L'association « Contribuables Associés » parle même d'un coût final de plus de 700 millions d'euros en incluant les frais de relogement des salariés. Confirmez-vous ce chiffre ? Pourquoi en avoir minoré le coût ? Et comment expliquez-vous que, pour un chantier comme celui de Notre-Dame de Paris, on puisse respecter les délais et les budgets, mais que pour la Maison de la Radio, le contribuable finisse par payer le double de la facture ?
Charles Alloncle , Audition de Nacer Meddah, compte rendu n° 4, 4 décembre 2025 (p. 353(PDF))
« M. Nacer Meddah. Dans notre rapport, le chiffre que nous retenons est de 493 millions d'euros. Vous le retrouverez en page 115. Le comité d'audit s'était d'ailleurs penché sur cette situation. Il y a eu effectivement des dérives substantielles en termes de délais et de coûts ; des mesures ont alors été prises pour stabiliser le projet. À périmètre constant, le coût se montait à 450 millions d'euros à l'été 2018 et il s'est établi en dessous de 458 millions en fin d'opération. Ce sont des montants extrêmement importants. Nous avons pu constater que tout cela s'est fait sans contrôle réel au début. Or, ce type de projet doit faire l'objet d'un contrôle durant toute sa phase de réalisation, de son estimation initiale à son achèvement. »
Nacer Meddah , Audition compte rendu n° 4, 4 décembre 2025 (p. 353(PDF))
  • L'audiovisuel public n'est désormais plus financé par une contribution acquittée par les seuls détenteurs d'un poste de télévision, mais par un prélèvement fiscal reposant sur l'ensemble des Français, sans distinction. (p. 348(PDF))
  • Votre rapporteur constate que M. Nagui Fam ne saisit pas tout à fait la nature de cette taxe. En effet, si la taxe sur la valeur ajoutée est proportionnelle à la consommation, elle conduit à faire peser une charge relativement plus importante sur les ménages les plus modestes, pour lesquels la part de la consommation dans le revenu est plus élevée. (p. 349(PDF))
  • La rénovation de la Maison de la radio, initialement prévue sur six ans pour 355 millions d'euros (2008), s'est achevée en 2023 après quatorze ans et 493 millions d'euros, soit un surcoût de 40 % évalué par la Cour des comptes. L'association Contribuables associés évalue quant à elle l'opération à 700 millions d'euros en prenant en compte les déménagements de service et les relogements des salariés. (p. 352(PDF))
  • Il résulte de ce qui précède que le coût total réel pour le contribuable de l'audiovisuel public est bien supérieur à 4 milliards d'euros par an. (p. 353(PDF))

Section 67 · p. 354–358

France Télévisions, une situation financière alarmante fruit de multiples dénis et de mécanismes de contrôles défaillants

III. > B. > 1. > a.

« France Télévisions se trouve dans une situation qui n'est plus soutenable, qu'une entreprise normale ne pourrait tolérer »
Pierre Moscovici , Conférence de presse de présentation du rapport de la Cour des Comptes sur France Télévisions, 23 septembre 2025 (p. 354(PDF))
« non soutenable sans réformes structurelles majeures »
Nacer Meddah , Audition compte rendu n° 3, jeudi 4 décembre 2025 (p. 354(PDF))
« Pardon d'être aussi directe, monsieur le rapporteur, mais ce que vous dites est absolument faux. La dotation publique à France Télévisions, entre 2017 et 2024, a baissé, et encore plus vis-à-vis de 2026. »
Delphine Ernotte Cunci , Réponse à l'évolution des ressources publiques de France Télévisions (p. 356(PDF))
« la direction du budget estime que le groupe a bénéficié de réductions d'impôts non prévues dans la trajectoire du contrat d'objectifs et de moyens, qu'elle évalue à une quarantaine de millions d'euros au moins. »
Cour des comptes , Rapport 2025 de la Cour des comptes (p. 356(PDF))
« en tenant compte de l'inflation, France Télévisions coûte aux Français 500 millions d'euros de moins qu'à [son] arrivée »
Delphine Ernotte Cunci , Audition par la commission (p. 356(PDF))
« s'il est exact que l'inflation a été de 18,2 % entre 2017 et 2024, tous les secteurs n'ont pas été touchés de la même façon et elle n'a pas eu d'impact sur la hausse de la masse salariale »
Cour des comptes , Réponse de la Cour à l'argument inflation (p. 357(PDF))
« Il serait possible de comparer avec le secteur privé, mais nous ne disposons pas des moyens pour vérifier les comptes des entreprises privées »
Florence Philbert , Audition de Florence Philbert, directrice générale des médias et des industries culturelles (p. 358(PDF))
  • Les ressources versées par l'État ont représenté, en 2024, 77 % du total des produits d'exploitation de France Télévisions. (p. 354(PDF))
  • Votre rapporteur constate qu'entre 2015 et 2024, les ressources publiques versées par l'État à France Télévisions ont progressé de 136 millions d'euros. (p. 355(PDF))
  • Entre 2015 et 2024, le chiffre d'affaires des chaînes de France Télévisions a augmenté de 8 %, tandis que celui des chaînes gratuites privées a crû de 3 % seulement. (p. 357(PDF))
  • En janvier 2024, le groupe TF1 a déposé plainte envers France Télévisions devant la commission européenne pour « aide d'État illégale ». (p. 357(PDF))
  • Les difficultés financières actuelles de France Télévisions résultent d'une combinaison entre des charges structurellement trop élevées, que la Cour des comptes juge « non soutenables », et une politique de l'État qui, si elle n'a pas globalement réduit les dotations sur longue période, les a administrées de façon erratique et imprévisible. (p. 358(PDF))

Section 68 · p. 359–363

France Télévisions accumule un déficit inquiétant — Une communication fallacieuse — Des artifices comptables

III. > B. > 1. > a.

« France Télévisions imposera d'ici 2026 une recapitalisation ou une réduction du capital. Une décision rapide doit être prise ; c'est une question très claire qui est posée à l'État actionnaire. »
Cour des comptes , Devant la commission d'enquête, sur la dégradation des capitaux propres de France Télévisions (p. 360(PDF))
« Le principe d'équilibre budgétaire est une règle d'or de bonne gestion que j'ai tenu à faire respecter depuis mon arrivée. Après trois exercices fortement déficitaires en 2013, 2014 et 2015, j'ai assuré le retour des comptes à l'équilibre et le maintien d'un résultat d'exploitation positif de manière continue pendant neuf ans, de 2016 à 2024 inclus »
Delphine Ernotte Cunci , Compte rendu n° 6, mercredi 10 décembre 2025, p. 5 (p. 361(PDF))
« au cours de la période sous revue, France Télévisions a présenté ses budgets d'exploitation prévisionnels en équilibre »
Cour des comptes , Cour des comptes, observations définitives 2017-2024, 10 juillet 2025, p. 57 (p. 361(PDF))
« [maintenu], pour la 9ème année consécutive, des comptes à l'équilibre en 2024 »
France Télévisions , Communiqué de presse du 13 mars 2025 (p. 361(PDF))
« depuis 2016, les comptes de France Télévisions sont à l'équilibre grâce à une politique de gestion rigoureuse des ressources du groupe »
France Télévisions , Communiqué de presse du 13 mars 2025 (p. 361(PDF))
« L'utilisation d'un référentiel validé par les commissaires aux comptes et excluant du calcul du résultat d'exploitation les éléments non récurrents (en faisant valoir leur caractère exceptionnel) a permis d'afficher des résultats d'exploitation équilibrés. Ce faisant, le financement de Salto et de la rupture conventionnelle collective ont été exclus de leur champ alors que ces opérations ont pesé fortement dans les comptes. »
Cour des comptes , Cour des comptes, observations définitives 2017-2024, p. 57 (p. 362(PDF))
« En 2023, France Télévisions a affiché un résultat net en bénéfice de 13,6 millions d'euros, mais cet excédent résulte d'une modification des taux d'amortissement sur la fiction, convenue en comité d'audit et validée par les commissaires aux comptes. [...] Sans cette modification, l'exercice 2023 aurait enregistré une perte de - 20 millions d'euros environ pour l'exploitation et le résultat net aurait été déficitaire de - 10 millions d'euros. »
Cour des comptes , Cour des comptes, observations définitives 2017-2024, p. 70 (p. 363(PDF))
« jusqu'en 2024, France Télévisions a systématiquement présenté des prévisions budgétaires reposant sur un équilibre de son résultat d'exploitation, en neutralisant avec l'aval de ses commissaires aux comptes des opérations considérées comme exceptionnelles. »
Cour des comptes , Cour des comptes, observations définitives 2017-2024 (p. 363(PDF))
  • Le déficit cumulé du groupe atteint 81,56 millions d'euros sur la période 2017-2024 selon la Cour des comptes, tandis que le résultat net de la société anonyme France Télévisions SA affiche sur la même période un déficit cumulé de 256,05 millions d'euros. (p. 359(PDF))
  • 86 % du déficit du groupe sur la période 2017-2024 est concentré sur les quatre derniers exercices. (p. 359(PDF))
  • Les capitaux propres ont diminué de 294 millions d'euros en 2017 à 179 millions d'euros en 2024, pour atteindre une estimation de seulement 124 millions d'euros à la fin de l'exercice 2025 selon les projections de la Cour des comptes. Or le capital social de France Télévisions s'établit à 366,5 millions d'euros. (p. 360(PDF))
  • France Télévisions n'acquitte plus d'impôt sur les sociétés depuis 2021, ses déficits cumulés effaçant toute base imposable. Mais, alors que l'entreprise ne verse rien au Trésor public, elle perçoit, au titre du crédit d'impôt sur les sociétés, un remboursement de 37 millions d'euros de la part de l'État. (p. 360(PDF))
  • Le résultat net du groupe a été déficitaire à trois reprises : en 2018, en 2021 et en 2022. De plus, le résultat d'exploitation a été négatif à cinq reprises : en 2020, 2021, 2022, 2023 et 2024. (p. 361(PDF))
  • Cette décision [modification du taux d'amortissement des œuvres de fiction en 2023] a eu pour effet d'améliorer le résultat d'exploitation et le résultat net à hauteur de 24 millions d'euros. Sans cette modification, l'exercice 2023 aurait enregistré un résultat d'exploitation et un résultat net respectivement déficitaires de 20 et 10 millions d'euros. (p. 362(PDF))

Recommandation

  1. N° 49Adopter une loi de programmation pluriannuelle de l'audiovisuel public afin de sanctuariser les crédits alloués au secteur et de garantir son indépendance financière. Sa déclinaison opérationnelle demeurerait assurée par des contrats d'objectifs et de moyens (COM) annuels, négociés sous l'autorité du Gouvernement. (p. 359(PDF))

Section 69 · p. 364–368

Critères de la prime de performance — Plans d'économies — Radio France : des fragilités

III. > B. > 1. > a. > vi-viii / b.

« M. Charles Alloncle, rapporteur. Je m'étonne quand même, et beaucoup de Français m'ont fait part du même étonnement, car lors de son audition la semaine dernière, la Cour des comptes nous a expliqué que France Télévisions était en état de quasi-dissolution, en état de quasi-faillite et que sa situation financière était plus que préoccupante. Pourtant j'ai repris l'intégralité de vos communiqués de presse depuis 2018, et chaque année vous vous félicitez de « mettre les comptes à l'équilibre ». [...] Pourquoi avez-vous caché la véritable situation financière de France Télévisions dans ces communiqués de presse depuis 2018 ?
Charles Alloncle , Compte rendu n° 6, mercredi 10 décembre 2025, p. 12 (p. 365(PDF))
« Mme Delphine Ernotte Cunci, présidente de France Télévisions. Il y a les communiqués de presse, mais aussi toutes nos auditions devant l'ARCOM et – cela vous concerne – devant les commissions des affaires culturelles de l'Assemblée nationale et du Sénat. Reprenez ces auditions, vous verrez que j'ai donné l'alerte à de nombreuses reprises, comme je l'ai aussi fait dans la presse. Reprenez aussi les conseils d'administration [sic] que j'ai alertés plusieurs fois sur le fait que l'entreprise était en difficulté sur le plan financier. »
Delphine Ernotte Cunci , Compte rendu n° 6, mercredi 10 décembre 2025, p. 12 (p. 365(PDF))
« seules 80 millions d'euros des économies présentées sont réalisables à l'horizon 2028 »
IGF , Inspection générale des finances, mars 2024, sur le plan d'économies de 200 M€ de France Télévisions (p. 366(PDF))
« Le ministère de la culture cible ensuite à partir de 2027 un non-remplacement sur deux »
Sénat (rapport Hugonet) , Rapport général n° 139 tome III annexe n° 18, sénateur Jean-Raymond Hugonet, p. 60 (p. 367(PDF))
« il est demandé une réduction d'effectifs d'au moins - 180 ETP en 2026 et 2027 puis - 315 en 2028 »
Rapporteur spécial Hugonet (Sénat) , Rapport général n° 139 tome III annexe n° 18, p. 60 (p. 368(PDF))
« encore fortement dépendante des ressources publiques »
Cour des comptes , Cour des comptes, Radio France : exercices 2017 et suivants, p. 27 (p. 368(PDF))
  • Le 13 mars 2025, alors que le groupe connaît une situation financière dégradée, est accordée à Mme Delphine Ernotte Cunci, au titre de l'année 2024, une part variable atteignant 98,5 % de son montant maximal prévu par les statuts de France Télévisions. Soit une prime de 76 830 euros pour un salaire total de 322 000 euros portant la rémunération totale annuelle de Mme Delphine Ernotte Cunci à près de 400 000 euros. (p. 364(PDF))
  • Les 20 % liés aux audiences ne reposent pas sur la part d'audience [...], mais sur le « reach », c'est-à-dire le nombre de personnes exposées au moins quelques secondes à un contenu dans le mois [...]. Les 30 % liés aux critères financiers n'évaluent pas une amélioration des résultats de l'entreprise, mais une simple « conformité avec le dernier budget voté ». (p. 364(PDF))
  • L'administrateur représentant l'Assemblée Nationale, Emmanuel Grégoire, a été le seul administrateur présent à défendre le versement intégral de la « prime de performance » de la présidente. (p. 366(PDF))
  • France Télévisions a présenté un plan d'économies de 200 millions d'euros à horizon 2028. (p. 366(PDF))
  • Radio France comptait 4 672 collaborateurs au 31 décembre 2024, hors contrats à durée déterminée d'usage. (p. 368(PDF))

Recommandations

  1. N° 50Refondre intégralement les critères de la part variable de la rémunération du président de France Télévisions, fondée sur des indicateurs de performance : résultat d'exploitation positif incluant les éléments non récurrents, reconstitution des capitaux propres au-dessus du seuil légal, part d'audience des chaînes en progression selon la trajectoire pluriannuelle fixée. La part variable pourrait n'être versée en totalité qu'à la condition que les trois indicateurs soient simultanément atteints, et ne pourrait excéder 50 % de son montant maximal si le résultat d'exploitation devait être négatif, et ce quelle que soit la performance sur les autres critères. (p. 364(PDF))
  2. N° 51Consolider le plan d'économies de 200 millions d'euros présenté par la société elle-même à la lumière des observations de l'inspection générale des finances, et définir pour chaque mesure un calendrier précis, un responsable et un indicateur de suivi, et en transmettant au conseil d'administration un rapport trimestriel d'exécution rendu public. (p. 367(PDF))

Section 70 · p. 369–374

Radio France — France Médias Monde — INA

III. > B. > 1. > b-d.

« M. Matthieu Gandon, secrétaire national adjoint de FO Radio France : Radio France reste leader et continue de proposer des programmes et des concerts d'exception. Les nombreux métiers qu'elle articule et le fait qu'ils soient exercés en interne – notamment ceux de la production, contrairement à ce qui se passe à France Télévisions, mais aussi ceux de technicien de maintenance, plombier, serrurier, etc. – en font un modèle d'entreprise publique unique. »
Matthieu Gandon , Compte rendu n° 32, mercredi 11 février 2026 (p. 371(PDF))
« des mesures d'efficience doivent être anticipées au plus tôt afin de préserver l'équilibre financier de Radio France »
Cour des comptes , Cour des comptes, Radio France : exercices 2017 et suivants, 14 octobre 2024, p. 33 (p. 371(PDF))
« à cet égard, les 700 départs naturels attendus sur la période 2024-2028 doivent être un levier pour optimiser les moyens au-delà des redéploiements d'ores et déjà identifiés »
Cour des comptes , Cour des comptes, Radio France : exercices 2017 et suivants, p. 33 (p. 371(PDF))
« la plus cohérente »
Cour des comptes , Cour des comptes 2015 sur la fusion des deux orchestres de Radio France (p. 372(PDF))
« Faute d'une réévaluation de l'ensemble de ses activités et d'une réorganisation plus profonde, France Médias Monde sera portée à poursuivre un train d'économies ponctuelles sur des sujets sans enjeu social, comme les coûts de distribution et de diffusion de ses antennes. En effet, la masse salariale (plus de 50 % des charges) continue à augmenter de manière automatique et la réduction obtenue en 2019 ne porte que sur les personnels non permanents ; le constat relatif aux années sous revue montre que la baisse en ce domaine n'a jamais été durable. Le plan de départs volontaires en cours de négociation paraît excessivement coûteux et trop limité dans son champ d'application au sein de l'entreprise. »
Cour des comptes , Cour des comptes, observations définitives France Médias Monde 2013-2019, 16 décembre 2020 (p. 374(PDF))
  • L'inspection générale des finances, dans son rapport de mars 2024, a identifié un besoin de financement non couvert de 20 millions d'euros à l'horizon 2028 [pour Radio France], qualifiant toutefois ce montant comme étant « à la portée de l'entreprise ». (p. 369(PDF))
  • Radio France a réalisé un plan d'économie ambitieux au cours de la dernière décennie avec une économie cumulée de 120 millions d'euros en 10 ans représentant 20 % de son budget. (p. 370(PDF))
  • Le rapporteur note la diminution préoccupante des audiences du réseau France Bleu devenu ICI et de France 3, de 28 % depuis 2017 selon les données de la Cour des comptes. (p. 370(PDF))
  • La masse salariale représente 54 % des charges de l'entreprise selon la Cour des comptes [Radio France]. Si le nombre d'ETP a diminué de 2 % entre 2017 et 2023, leur rémunération a progressé de 5,6 % sur cette période conduisant à une augmentation de 1,9 % des dépenses de personnel. (p. 370(PDF))
  • Radio France comptait 15 millions d'auditeurs quotidiens. France Inter seule réunit 7 millions d'auditeurs, dont 1 million de moins de 34 ans chaque jour. (p. 371(PDF))
  • Radio France compte deux orchestres et deux formations chorales, le maintien de ces quatre formations s'avère extrêmement coûteux. Les trois formations musicales (hors Maîtrise) comptent un effectif global de 302 ETP entraînant des coûts directs de 38,2 millions d'euros. (p. 372(PDF))
  • France Médias Monde regroupait en 2025 pas moins de 1 861 ETP pour un budget global de 304,3 millions d'euros. (p. 373(PDF))

Recommandation

  1. N° 52Rationaliser les formations musicales de Radio France en fusionnant les deux orchestres afin de réaliser 13 millions d'euros d'économies. (p. 372(PDF))

Section 71 · p. 375–379

INA — fusion BNF — France Télévisions : masse salariale, accord collectif 2013, polyvalence

III. > B. > 1. > d / 2. > a. > i.

« une masse salariale qui continue d'augmenter »
Cour des comptes , Cour des comptes, L'Institut national de l'audiovisuel, exercices 2015 et suivants, p. 7 (p. 375(PDF))
« politique salariale généreuse »
Cour des comptes , Cour des comptes sur l'INA (p. 375(PDF))
« le caractère extrêmement généreux de l'Institut vis-à-vis de ses salariés, dans un contexte de grande tension de sa trésorerie »
Cour des comptes , Cour des comptes sur l'INA, p. 51 (p. 375(PDF))
« de tout effort visant à identifier des leviers d'économies et de gains de productivité »
Cour des comptes , Cour des comptes sur l'INA, p. 8 (p. 376(PDF))
« partage avec la BNF »
Cour des comptes , Cour des comptes sur le dépôt légal radio/TV/web partagé entre INA et BNF (p. 376(PDF))
« mur d'investissements »
Rapporteur spécial de la Commission des finances , Rapport spécial n° 1996, annexe 30, sur la BNF (p. 376(PDF))
« la nécessité d'engager de profondes réformes structurelles pour réduire les charges d'exploitation apparaît plus que jamais indispensable, voire vitale pour l'entreprise »
Cour des comptes , Cour des comptes, observations définitives France Télévisions 2017-2024, p. 57 (p. 377(PDF))
« masse salariale [...] absorbe mécaniquement une part croissante des ressources publiques, au détriment des contenus et des investissements en faveur de la transformation numérique »
IGF , IGF, Accompagnement à la transformation de France Télévisions et Radio France, mars 2024 (p. 377(PDF))
« doit donc toujours faire appel à un monteur »
IGF , IGF rapport n° 2023-M-101-04, encadré n° 5, p. 16 (p. 378(PDF))
« Le précédent rapport de la Cour indiquait que les négociations sur l'accord de 2013 avaient laissé en suspens la question de la polyvalence des salariés, empêchant d'adapter les postes de l'entreprise aux évolutions introduites par les technologies numériques. En 2025, cette question reste entière en l'absence de révision de la classification des métiers prévus par l'accord, fixant de manière extrêmement précise les emplois associés à chaque métier, et figeant les modes de production dans des schémas devenus inadaptés au nouveau contexte technologique, voire contre-productifs pour le développement de l'entreprise. »
Cour des comptes , Cour des comptes, observations définitives France Télévisions 2017-2024, pp. 105-106 (p. 379(PDF))
« Une renégociation globale de l'accord collectif de 2013 apparaît nécessaire pour permettre plus de polyvalence et réviser les conditions de rémunération et de temps de travail afin de les adapter aux enjeux de la situation financière. »
Cour des comptes , Cour des comptes, observations définitives France Télévisions 2017-2024, p. 117 (p. 379(PDF))
  • Plateforme Madelen de l'INA : 30 euros par an ou 2,99 euros par mois, 100 000 abonnés payants. L'Institut génère 2,2 milliards de vidéos vues par an et dispose de 16 millions d'abonnés sur l'ensemble de ses comptes en réseaux sociaux, avec un taux de confiance remarquable : 84 % des Français suivent l'INA et 91 % font confiance à ses vidéos selon ses propres études. (p. 375(PDF))
  • La masse salariale de l'INA est passée de 66,5 millions d'euros en 2015 à 67,5 millions d'euros en 2022, soit une hausse globale de 1,4 % sur sept ans. (p. 375(PDF))
  • BNF bénéficie d'un financement annuel de l'État de l'ordre de 248 millions d'euros en 2026 et l'INA de 103 millions d'euros en 2026. (p. 376(PDF))
  • Tandis que les effectifs ont diminué de 12 % entre 2014 et 2022, soit une réduction de 1 230 équivalents temps plein, entre 2015 et 2025, la masse salariale a progressé pour approcher le milliard d'euros en 2024 selon les estimations de l'IGF. (p. 377(PDF))
  • L'Inspection générale des finances relève [...] pas moins de 22 écarts, représentant pour France Télévisions un surcoût théorique de 61,9 millions d'euros par an, notamment au regard du niveau supérieur des primes versées et du niveau inférieur du temps de travail effectué. (p. 378(PDF))
  • Les 62 millions d'euros de surcoût annuel ainsi générés représentent, selon les estimations disponibles, près de 76 % du déficit annuel du groupe. (p. 378(PDF))
  • France Télévisions affiche un ratio charges de personnel sur charges d'exploitation de 31,8 %, contre 27,6 % pour la BBC. (p. 379(PDF))

Recommandation

  1. N° 53Confier conjointement à l'IGF et à l'IGAC, dans un délai de six mois suivant l'adoption du présent rapport, une mission de préfiguration de la fusion de l'Institut national de l'audiovisuel et de la Bibliothèque nationale de France, chargée de chiffrer précisément les économies nettes réalisables, les coûts de transition et le calendrier opérationnel de rapprochement. Sur la base de ces conclusions, engager le processus législatif nécessaire à la fusion des deux établissements, avec un objectif d'économies annuelles estimé à environ 10 millions d'euros en régime de croisière. (p. 376(PDF))

Section 72 · p. 380–384

Masse salariale, hauts salaires, ancienneté, primes de performance, postes — directeur de l'information

III. > B. > 2. > a. > i-ii.

« Le salaire moyen par tête des salariés de France Télévisions (SMPT) s'élève à 71 490 euros en 2023. [...] Ce niveau est élevé par rapport à celui d'autres secteurs comparables : culture (48 900 euros) et audiovisuel (66 700 euros) et en augmentation continue. Cependant, l'augmentation du SMPT pour la période sous revue (+ 7,9 % entre 2017 et 2024) est inférieure à celle que l'on constate pour l'ensemble du secteur privé au plan national (+ 11,4 %). »
Cour des comptes , Cour des comptes, observations définitives France Télévisions 2017-2024, p. 98 (p. 380(PDF))
« les salaires apparaissent relativement concentrés : 15,5 % des salariés concentrent 28,3 % de la masse salariale, avec un salaire brut annuel supérieur à 80 000 euros »
Cour des comptes , Cour des comptes, observations définitives France Télévisions 2017-2024, p. 98 (p. 381(PDF))
« les écarts de salaire peuvent atteindre un à dix, voire un à quinze »
Syndicat national des journalistes (SNJ) , Audition du SNJ devant la commission (p. 381(PDF))
« ne s'agit que de quelques figures d'antenne et de directeurs ultramarins. Ces derniers, avec l'indexation, ont des salaires qui sont facialement plus élevés – le coût de la vie est supérieur en outre-mer »
Delphine Ernotte Cunci , Audition compte rendu n° 6, mercredi 10 décembre 2025, p. 42 (p. 382(PDF))
« J'ai constaté qu'il y avait encore un certain nombre de gens qui n'étaient pas occupés comme ils auraient dû l'être. J'ai donc essayé de régler ces situations le plus vite possible »
Alexandre Kara , Compte rendu n° 21, mercredi 28 janvier 2026, p. 22 (p. 384(PDF))
« À l'information, il n'y a plus un placard. Vous pouvez chercher : j'ai vidé tous les placards »
Alexandre Kara , Compte rendu n° 21, mercredi 28 janvier 2026, p. 18 (p. 384(PDF))
  • Le salaire le plus élevé perçu au sein de France Télévisions a atteint 416 223 euros bruts en 2024, soit 34 685 euros mensuels, ce qui représente plus du double du salaire perçu par le Président de la République, qui s'élève à 16 039 euros bruts mensuels. (p. 382(PDF))
  • France Télévisions ayant fourni à votre rapporteur, à sa demande, la liste des 10 % des salaires bruts les plus élevés de l'entreprise, votre rapporteur y a compté 31 salariés gagnant plus que le chef de l'État. [...] Parmi ces 31 salariés, votre rapporteur a compté 17 directeurs de divers services au siège parisien de France Télévisions et seulement 3 directeurs en outre-mer. (p. 382(PDF))
  • La somme de la rémunération « super brute » de ces 31 salariés atteint 10,813 millions d'euros bruts par an, contre 8,525 millions d'euros si l'on multiplie par 31 la rémunération annuelle super brute du Président de la République (275 000 euros). (p. 382(PDF))
  • Mmes Sibyle Veil et Marie-Christine Saragosse, présidentes-directrices générales de Radio France et France Médias Monde, ont perçu respectivement 240 000 euros bruts et 260 000 euros bruts en 2025, ce qui fait respectivement 48 000 et 68 000 euros de plus que le Président de la République. (p. 383(PDF))
  • Le 21 janvier 2026, soit quelques jours avant son audition devant cette commission d'enquête, la présidente de France Télévisons annonçait mettre fin à ses fonctions de directeur de l'information [d'Alexandre Kara]. Un communiqué interne de France TV annonçait alors ses nouvelles fonctions de « conseiller spécial auprès de Mme Delphine Ernotte Cunci sur la transformation de l'information à l'ère de l'IA », un poste nouvellement créé pour M. Kara. (p. 384(PDF))

Recommandations

  1. N° 54Renégocier l'accord collectif du 28 mai 2013 afin de permettre davantage de polyvalence entre les salariés et ainsi optimiser l'utilisation des ressources humaines en vue d'en réduire les écarts d'ores et déjà constatés par la Cour des comptes pour 62 millions d'euros. (p. 380(PDF))
  2. N° 55Développer la part des rémunérations variables liées à la performance individuelle et collective au sein des sociétés de l'audiovisuel public, en fixant un objectif minimal de part variable dans la masse salariale, afin de substituer progressivement aux revalorisations automatiques liées à l'ancienneté une logique d'intéressement aux résultats réels de l'entreprise. (p. 384(PDF))

Section 73 · p. 385–389

Rémunérations en décalage — cas Ngatcha — cas Samuel Étienne — indemnités de départ — accusations Cardoze

III. > B. > 2. > a. > ii.

« Ce que nous nous engageons à faire, c'est à vous donner une liste de directeurs qui sont dans des placards. Il n'y a pas d'autres mots. À un moment, nous avons eu quelqu'un à France Télévisions qui était responsable des programmes courts destinés à devenir des programmes longs. C'est formidable ! Vous savez combien de programmes courts sont devenus des programmes longs ? Zéro ! Vous avez vu ce qui s'est passé à France Info ? À un moment, il y a eu une motion de défiance, et le directeur, M. Delpech, a été remercié. Vous pensez qu'il a quitté l'entreprise ? Non, il est devenu directeur de l'innovation ! On déplace systématiquement les gens. Je vous donnerai une liste de noms de fonctions qui ne servent strictement à rien à France Télévisions. »
Jean-Jacques Cordival , Compte rendu n° 45, mercredi 25 février 2026, p. 13 (p. 385(PDF))
M. Charles Alloncle, rapporteur. Le 21 juin 2020, alors que vous étiez tête de liste d'Anne Hidalgo dans le 9e arrondissement de Paris, vous avez déclaré dans une interview : « Si je suis élu, je m'adapterai à cette nouvelle situation avec mon employeur. » Pourtant, si j'en crois la déclaration que vous avez transmise à la Haute Autorité de la transparence de la vie publique (HATVP), vous avez perçu en 2020 un salaire de 100 916 euros net et, après votre élection comme maire adjoint, rien n'a changé. Non seulement vous avez continué à percevoir le même salaire de la part de France Télévisions comme directeur des opérations spéciales à temps plein, mais vous avez aussi commencé à percevoir une indemnité supplémentaire de 60 000 euros en tant que maire adjoint à temps plein.
Charles Alloncle , Audition de M. Ngatcha, compte rendu n° 33, mercredi 11 février 2026, p. 22 (p. 386(PDF))
« Sous l'impulsion d'Anne Hidalgo, Paris s'est affirmée comme une capitale phare dans la diplomatie des villes. Cela fut exaltant d'œuvrer à ses côtés lors de son deuxième mandat »
Arnaud Ngatcha , Déclaration publique de M. Ngatcha la veille du Téléthon (p. 386(PDF))
« protocoles d'accord particulièrement onéreux »
Jacques Cardoze , Audition de Jacques Cardoze le 31 mars 2026 sur les indemnités transactionnelles (p. 389(PDF))
« acheter le silence »
Jacques Cardoze , Audition de Jacques Cardoze, 31 mars 2026, sur les déviances sexuelles (p. 389(PDF))
« extrêmement graves »
Delphine Ernotte Cunci , Audition du 8 avril 2026 sur les accusations de Cardoze (p. 389(PDF))
« aucune tolérance »
Delphine Ernotte Cunci , Audition du 8 avril 2026 sur les faits de harcèlement moral ou sexuel (p. 389(PDF))
  • M. Arnaud Ngatcha, directeur des opérations spéciales, percevant 100 916 euros nets par an tout en exerçant en parallèle un mandat d'adjoint à la maire de Paris. (p. 385(PDF))
  • Lors de son audition, Mme Ernotte Cunci a déclaré sous serment et pour lever tout doute d'éventuel emploi fictif, au sujet de M. Ngatcha que celui-ci s'occupait du Téléthon. Pourtant, dans un document produit par France Télévisions relatif au Téléthon 2025 [...] il est écrit : « Producteur du Téléthon : Yannick Letranchant ». Votre rapporteur a compté 57 personnes dans ce document : le nom de M. Ngatcha n'y apparaît pas. (p. 386(PDF))
  • Votre rapporteur a [...] dénombré, parmi la liste des 10 % des salaires les plus élevés, pas moins de 248 intitulés comportant les termes de « directeur » ou de « secrétaire général », soit au moins un directeur pour 36 salariés. Il a également relevé l'existence de deux directions des opérations spéciales au sein de France Télévisions, l'une dirigée par M. Letranchant et rattachée directement à la présidente, l'autre dirigée par M. Ngatcha et rattachée à la direction des antennes et des programmes. (p. 387(PDF))
  • M. Étienne a négocié avec France Télévisions, qui souhaitait son départ, une rupture conventionnelle assortie d'une indemnité de départ généreuse [...]. Or, à l'issue de cette rupture, il a continué à présenter la même émission « Questions pour un champion », sur la même antenne, dans les mêmes conditions éditoriales, à la seule différence qu'il n'était désormais plus salarié de France Télévisions mais rémunéré par l'intermédiaire d'une société de production. (p. 387(PDF))
  • Sur dix ans, le total annuel [des indemnités de départ FTV] a oscillé entre 14,8 millions d'euros en 2020 et 29,4 millions d'euros en 2015, pour s'établir à 22,5 millions d'euros en 2025, soit un cumul égal à 232 millions d'euros sur la période. Le montant des indemnités supérieurs 100 000 euros s'élève à 143 M€ entre 2017 et 2025, soit 62 % du montant total des indemnités. (p. 389(PDF))
  • Votre rapporteur a procédé le lundi 13 avril 2026 à une saisine du procureur de la République sur ces faits d'une grande gravité. Il a notamment transmis au procureur, sur le fondement de l'article 40 du code de procédure pénale, le témoignage et les documents précis envoyés par une ancienne salariée de France Télévisions [...] expliquant avoir été licenciée du groupe, alors enceinte de 6 mois, pour avoir dénoncé des faits d'agressions sexuelles à sa direction. Un protocole d'accord aurait alors été signé imposant à cette salariée une clause de confidentialité en échange d'une indemnité de près de 50 000 euros. (p. 389(PDF))

Section 74 · p. 390–394

Indemnités, frais de mission, dépenses somptuaires (Cannes, barter)

III. > B. > 2. > a. > iii-iv.

« pèsent pour plus de 42,8 millions d'euros en moyenne annuelle hors période de covid »
Cour des comptes , Cour des comptes, observations définitives France Télévisions 2017-2024, p. 75 (frais de mission et de réception) (p. 391(PDF))
« il s'agit d'un mécanisme de marché qui s'opère par l'entremise de sociétés publicitaires spécialisées qui n'ont rigoureusement rien à voir avec des sociétés de production : la régie publicitaire leur confie ses invendus publicitaires en échange de services. Aucun producteur n'a payé les chambres de qui que ce soit et aucun euro d'argent public n'a été dépensé à cette fin »
Delphine Ernotte Cunci , Audition sur la pratique du barter pour le Festival de Cannes (p. 393(PDF))
« aucun argent public des Français n'est donc dépensé dans ces nuits d'hôtel, et il n'y a pas d'appauvrissement de France Télévisions puisque, de toute façon, nous n'aurions pas réussi à vendre ces créneaux publicitaires »
Christophe Tardieu , Compte rendu n° 6, mercredi 10 décembre 2025, pp. 34 et 51 (p. 394(PDF))
« On vient vous expliquer, M. Vion en tête, qu'on avait des invendus et qu'on les a échangés. Des invendus en matière de publicité, ça n'existe pas. On a des tranches de publicité, sauf entre 20 heures et 6 heures du matin où c'est interdit, et on valorise ces tranches. Une tranche de 6 heures à 7 heures n'a pas la même valorisation qu'une tranche à 19 heures »
Jean-Jacques Cordival , Compte rendu n° 45, mercredi 25 février 2026, p. 9 (p. 394(PDF))
  • Les dépenses discrétionnaires engagées au siège [...] atteignent environ 46 millions d'euros, répartis entre 14,3 millions d'euros de voyages et transports de personnes, 19,7 millions d'euros de repas et d'hébergement, 3,8 millions d'euros de frais de taxis et véhicules avec chauffeur, 3,2 millions d'euros de frais de réception et achats alimentaires, 2,4 millions d'euros de cadeaux aux tiers sur émissions de jeux et 0,5 million d'euros de pourboires et dons divers. (p. 391(PDF))
  • Parmi les dépenses engagées en 2020 au titre des frais de réception et achats alimentaires figure une ligne de plus de 100 000 francs pacifique, soit 8 000 euros, à destination de l'hôtel « Intercontinental Tahiti Resort & Spa ». [...] À rapprocher également [...] de la location, par l'antenne guadeloupéenne de France Télévisions, d'un fauteuil de massage pour un montant de 350 euros par mois. (p. 392(PDF))
  • Des frais de taxi conséquents sont [...] imputés sur les budgets de production d'émissions externalisées [...] : 271 000 euros facturés par la société G7 sur le budget de C dans l'air, sans mention du programme sur les factures, et 22 879 euros au nom de M. Pierre Lescure sur la saison 2022-2023, chroniqueur de « C à vous ». (p. 392(PDF))
  • La présence de France Télévisions au Festival de Cannes représente une dépense annuelle de l'ordre de 6 millions d'euros, en progression de 15 % sur les trois dernières années [...]. En 2024, les nuitées réservées pour la présidente et le directeur général délégué au Majestic ont ainsi été facturées 1 899 euros par nuit. (p. 393(PDF))
  • Cette pratique [du barter] soulève d'autant plus d'interrogations qu'une information judiciaire a été ouverte pour des faits d'abus de biens sociaux et de recel en lien avec ce dispositif. (p. 394(PDF))

Recommandations

  1. N° 56Instituer, par voie législative, un ratio maximal d'écart de rémunération au sein des sociétés de l'audiovisuel public, en plafonnant la rémunération totale, fixe, variable et avantages en nature inclus, du président-directeur général par rapport au salaire médian des personnels permanents de la société. Ce ratio, calculé chaque année sur la base des données certifiées par le commissaire aux comptes et transmis aux commissions parlementaires compétentes, se substitue à tout plafond fixé en valeur absolue. (p. 390(PDF))
  2. N° 57Instituer une obligation légale d'avenant contractuel précisant les jours de présence effective pour tout cumul d'un emploi public à temps plein avec un mandat électif rémunéré. (p. 390(PDF))
  3. N° 58Conduire, dans un délai de six mois suivant l'adoption du présent rapport, un audit indépendant de l'ensemble des postes comportant les termes de « directeur » ou de « secrétaire général » au sein de chaque opérateur de l'audiovisuel public, en évaluant pour chacun la valeur ajoutée réelle, le périmètre d'action effectif et l'absence de doublon avec un poste existant. Sur la base de cet audit, supprimer l'ensemble des postes dont la justification opérationnelle ne peut être établie, fusionner les directions redondantes, à commencer par les deux directions des opérations spéciales de France Télévisions, et ramener le ratio d'encadrement à un niveau cohérent avec celui d'un groupe audiovisuel de taille et de mission comparables. Les économies ainsi dégagées, estimées de manière prudente à au moins 6 millions d'euros par an, devront être intégrées dans le prochain contrat d'objectifs et de moyens comme objectif contraignant assorti d'un calendrier de mise en œuvre. (p. 390(PDF))
  4. N° 59Publier annuellement, en annexe du rapport de gestion transmis au contrôle général économique et financier et aux commissions parlementaires, la ventilation des indemnités de départ entre indemnités légales, indemnités conventionnelles et indemnités transactionnelles ou négociées individuellement, avec indication du nombre de bénéficiaires par catégorie. Interdire expressément toute clause de confidentialité dans les protocoles de départ conclus avec des salariés ayant dénoncé ou subi des faits susceptibles de qualification pénale. (p. 390(PDF))
  5. N° 60Encadrer et auditer le règlement de dépenses de fonctionnement par barter. Faire valider la liste des dépenses de barter par le conseil d'administration, et publier chaque année le bilan détaillé de ces dépenses ventilé par poste. Interdire le recours au barter pour financer des dépenses d'hébergement ou de réception. (p. 394(PDF))

Section 75 · p. 395–399

Véhicules de fonction — Échecs commerciaux : France Info TV, Salto

III. > B. > 2. > a. > v / b. > i.

« n'a pas d'équivalent chez d'autres entreprises publiques, ni même chez la plupart des ministères »
Cour des comptes , Cour des comptes, observations définitives France Télévisions 2017-2024, p. 103 (sur les véhicules de fonction) (p. 395(PDF))
« rapprochement radio/TV embryonnaire »
IGF , IGF sur France Info TV (p. 398(PDF))
« pas assez clairement définie »
IGF , IGF sur la ligne éditoriale de Franceinfo (p. 398(PDF))
« incarnations et invités pas assez charismatiques »
IGF , IGF sur Franceinfo (p. 398(PDF))
« Devant l'ampleur du phénomène de vidéo à la demande et le retard pris par la France en la matière, le Gouvernement avait souhaité faire émerger une alternative française ou européenne aux plates-formes telles que Amazon Prime ou Netflix, par le lancement d'un service par abonnement proposant films, séries et documentaires ainsi que des contenus inédits et exclusifs, avec l'objectif ambitieux d'atteindre le million d'abonnés dès la première année d'exercice. [...] En tenant compte des remontées de recettes de Salto, l'opération se traduit pour le groupe France Télévisions par une perte nette de 57,7 millions d'euros. »
Cour des comptes , Cour des comptes, observations définitives France Télévisions 2017-2024, pp. 124-126 — récit de l'histoire de Salto (p. 399(PDF))
  • Il existe actuellement 53 véhicules de fonction auquel a accès environ 0,6 % du personnel [de France Télévisions]. Par ailleurs, seuls deux chauffeurs sont affectés au parc, essentiellement à la disposition de la présidente. (p. 395(PDF))
  • M. Vion admettant que M. Ngatcha ait pu utiliser son véhicule de fonction prêté par France Télévisions dans le cadre de ses activités politiques. (p. 396(PDF))
  • Les loyers de ces véhicules atteignent un total de « 20 000 euros par mois ». [...] Les économies dégagées pourraient presque atteindre 200 000 euros par an. (p. 396(PDF))
  • La chaîne France Info ne réalise qu'une part d'audience d'environ 0,9 %, loin derrière CNews (3,4 %), BFM TV (2,8 %) et LCI (2 %). Son budget a pour autant doublé en sept ans, passant de 14 à 28 millions d'euros selon la Cour des comptes. (p. 397(PDF))
  • Là où CNews, BFMTV, et LCI, dépensent chaque année en charges d'exploitation respectivement 25M€, 28M€, et 33M€ par point d'audience, France Info TV dépense en moyenne 47M€ par point d'audience. Soit un coût par point d'audience 65 % plus élevé que la moyenne de la concurrence. (p. 397(PDF))
  • Salto était une plateforme de streaming par abonnement lancée conjointement par France Télévisions, TF1 et M6 au mois d'octobre 2020, et qui a été arrêtée [...] le 27 mars 2023. (p. 398(PDF))

Recommandations

  1. N° 61Plafonner à 3 millions d'euros les dépenses annuelles de France Télévisions au Festival de Cannes. Économie estimée : 3 millions d'euros par an. (p. 395(PDF))
  2. N° 62Réévaluer l'utilité de chacun des 53 véhicules de fonction dont bénéficient les cadres dirigeants de France Télévisions, en particulier pour ceux basés dans des villes disposant d'un réseau de transports collectifs particulièrement dense. Évaluer la pertinence financière d'une suppression totale des véhicules de fonction au profit de la mise à disposition des dirigeants en ayant véritablement l'utilité de véhicules de service, à leur disposition exclusivement dans le cadre professionnel. (p. 397(PDF))

Section 76 · p. 400–403

Salto, France TV Slash, transparence des marges des sociétés de production, surfacturations Mediawan

III. > B. > 2. > b. > i-ii.

« Nous avions négocié notre sortie de Salto en cas de fusion entre TF1 et M6 puisque cette plate-forme devait unifier les deux entreprises. Et puis, fâcheusement, la fusion entre TF1 et M6, à laquelle j'étais très favorable, n'a pas eu lieu »
Delphine Ernotte Cunci , Compte rendu n° 6, mercredi 10 décembre 2025, p. 14 (p. 400(PDF))
« les conséquences que l'on sait, qui sont entièrement exogènes à notre activité »
Christophe Tardieu , Compte rendu n° 6, mercredi 10 décembre 2025, p. 15 — sur les pertes Salto (p. 400(PDF))
« la connaissance des marges permet de renégocier les contrats de manière éclairée et responsable »
Christian Vion , Compte rendu n° 34, jeudi 12 février 2026, p. 5 (p. 401(PDF))
« de vérifier la réalité des coûts de la production et leur conformité par rapport au contrat signé et d'analyser la marge dégagée sur le programme »
Cour des comptes , Cour des comptes, observations définitives France Télévisions 2017-2024, pp. 79-80 (p. 401(PDF))
« le coût des émissions produites par [les sociétés Mediawan, Banijay et Together] et leur taux de marge pour chaque émission »
Philippe Ballard , Compte rendu n° 6, mercredi 10 décembre 2025, p. 32 (p. 401(PDF))
« France Télévisions connaît la marge brute du producteur au moment de la remise des comptes, dans la mesure où celle-ci peut être analysée par comparaison entre le plan de financement initial validé au stade de l'engagement et les comptes définitifs de production »
Delphine Ernotte Cunci (réponse écrite) , Réponse écrite à M. Ballard sur les marges des producteurs (p. 401(PDF))
  • L'échec industriel de Salto a occasionné pour France Télévisions des pertes de 57 millions d'euros tant en 2021 qu'en 2022. (p. 399(PDF))
  • France TV Slash représente une dépense de 17 millions d'euros en 2025 pour environ 5 000 publications annuelles et 500 millions de vues. (p. 400(PDF))
  • L'âge moyen des téléspectateurs de France Télévisions n'a jamais baissé depuis l'arrivée de Mme Ernotte Cunci à la présidence du groupe en 2015 et dépasse aujourd'hui 60 ans, France Télévisions affichant l'audience la plus âgée du paysage audiovisuel après Arte. (p. 400(PDF))
  • La marge de l'émission quotidienne « Ça commence aujourd'hui » s'élève à 24 %, celle de la quotidienne « N'oubliez pas les paroles » à 25 %, celle de « Chacun son Tour » monte même à 42 %. (p. 402(PDF))
  • La marge réelle de « C à Vous » a été sous-estimée de 10 points dans le devis présenté à France Télévisions (18 % constatés contre 8 % déclarés), celle de « C dans l'Air » de 7 points (12 % contre 5 %) celle de « C dans l'Air Invité » de 10 points (14 % contre 4 %), celle de « Ça commence aujourd'hui » de 13 points (24 % contre 11 %). (p. 403(PDF))
  • Les auditeurs ont constaté que Jean-Louis Blot et Nagui Fam n'ont pas été rémunérés à la hauteur des 170 000 euros prévus au devis [pour Chacun son tour], mais à hauteur de 300 000 euros — soit 100 000 euros pour M. Jean-Louis Blot et 200 000 euros pour M. Nagui Fam, représentant une rallonge de 130 000 euros partagée entre les deux animateurs, ce qui correspond à une majoration de 75 % par rapport au montant contractuellement présenté à France Télévisions. (p. 403(PDF))

Section 77 · p. 404–407

Surfacturations Mediawan, marges sociétés de production, contrats pluriannuels, Gala des Pièces Jaunes

III. > B. > 2. > b. > ii.

« M. Charles Alloncle, rapporteur. Une autre question. Vous évoquiez des marges assez réduites quand vous produisez des émissions avec le service public. J'ai constaté, en lisant certains rapports d'audit de plusieurs de vos émissions, qu'il arrive que vous sous-estimiez – mais je crois que c'est assez régulier – votre taux de marge de 10 points. Vous laissez penser à France Télévisions que vos émissions sont facturées au coût le plus juste, alors que des bénéfices plus importants sont réalisés, même pour des émissions quotidiennes, dont le volume est conséquent. Par exemple, la marge de « C à vous » serait sous-estimée de 10 points : elle s'élèverait à 18 % et non à 8 % comme vous l'annoncez.
Charles Alloncle , Compte rendu n° 46, 26 février 2025 (selon le rapport) (p. 404(PDF))
« Mme Delphine Cazaux. S'agissant des budgets de production, nous travaillons en totale transparence avec France Télévisions. En amont, d'abord, c'est-à-dire au moment de la signature du contrat, l'ensemble de nos devis de production sont communiqués de façon très détaillée. Puis, à l'issue de chaque production, un rendu de comptes, reflet de la réalité de l'ensemble des coûts imputés, est communiqué à France Télévisions, qui a la faculté d'auditer toutes les productions via un auditeur indépendant. Je répète donc qu'il y a une transparence totale de l'ensemble des données. »
Delphine Cazaux , Audition Mediawan, compte rendu n° 46, 26 février 2025 (p. 404(PDF))
« M. Pierre-Antoine Capton. En fait, nous avons un échange totalement transparent avec France Télévisions pour nous mettre d'accord sur ces points. On parle de marges, de points, mais il y a une réalité dont nous n'avons pas parlé – j'espère que nous aurons le temps – et qui est, en quelque sorte, le benchmark du coût des émissions. Je sais que vous connaissez tous les coûts, monsieur le rapporteur, et je suis pour cette transparence. Vous avez donc en tête le coût unitaire d'une émission de « C à vous », qui représente deux heures d'antenne quotidiennes. J'ai la faculté de le comparer avec celui d'autres émissions que nous produisons sur d'autres services publics européens, mais aussi sur le marché. Il est normal et logique que nous ne soyons pas payés au même prix sur France Télévisions que sur TF1 ou sur M6, où la publicité rapporte beaucoup plus, mais les écarts sont importants – très importants même. »
Pierre-Antoine Capton , Audition Mediawan, compte rendu n° 46, 26 février 2025 (p. 405(PDF))
« M. Thomas Anargyros. Pour répondre de façon très précise à votre question, monsieur le rapporteur, il est important de comprendre comment les choses fonctionnent. Qu'il s'agisse d'émissions, de séries, de films, les choses s'étalent sur des mois, voire des années. Or quand il y a un audit, c'est à un instant T. C'est pour cette raison que l'auditeur peut noter une marge. Nous avons alors une discussion avec France Télévisions et, très fréquemment, il s'agit simplement de leur fournir certaines factures et dépenses afférentes au programme audité – quel qu'il soit –, mais qui n'ont pas encore été réglées. Dès que ces éléments sont mis sur la table, dans la plupart des cas, et c'est le cas avec Mediawan, les audits de France Télévisions s'arrêtent là. »
Thomas Anargyros , Audition Mediawan, compte rendu n° 46, 26 février 2025 (p. 405(PDF))
« négocié une baisse de 5 % sur le coût des magazines et émissions de plateau »
Delphine Ernotte Cunci , Compte rendu n° 6, mercredi 10 décembre 2025, p. 6 (p. 405(PDF))
« Le service public a été, cette année, sous une forme de contrainte financière. Il a demandé aux producteurs de flux de lui rendre 5 % non pas sur leur marge, mais sur leur chiffre d'affaires, ce qui est beaucoup. Cela nous semble normal et nous le comprenons bien. À la moitié de l'exercice en cours, [...] la société [Together] est à l'équilibre, tout se passe bien »
Renaud Le Van Kim , Compte rendu n° 39, mercredi 18 février 2026, p. 24 (p. 406(PDF))
  • En réinternalisant un tiers de la production externalisée comme (864 millions d'euros en 2024) et en appliquant ce taux [10 %], on aboutit à des économies estimées à 29 millions d'euros par an. (p. 406(PDF))
  • L'audition des dirigeants de Mediawan a démontré que ce groupe n'avait pas remboursé ses audits, quand bien même la clause d'audit contractuelle incluse dans tous les contrats implique qu'en cas de marge supérieure de 5 points à celle indiquée au devis, l'audit doit être remboursé par ces sociétés. (p. 406(PDF))
  • France Télévisions finance [le Gala des Pièces Jaunes] à hauteur de 950 000 euros. Or, au terme de la diffusion, seuls 531 000 euros de recettes de billetterie sont reversés aux hôpitaux de Paris, soit moins que la somme initiale investie par le service public. Dans le même temps, Électron Libre réalise sur l'opération une marge de 12 %, représentant 300 000 euros de bénéfice net. (p. 406(PDF))
  • Le contrat de production de « N'oubliez pas les paroles », jeu très populaire animé par M. Nagui Fam [...] : un engagement portant sur trois ans pour un montant de 75 millions d'euros, reconductible sans que des clauses d'audience contraignantes n'en conditionnent le renouvellement. Ce même contrat, renouvelé en 2025 pour trois années supplémentaires, prévoit en outre une augmentation du coût unitaire par minute de 20 % entre la saison 2024-2025 et la saison 2026-2027, alors même que les audiences de l'émission ont reculé de 5 % sur deux ans et de 10 % sur cinq ans. (p. 407(PDF))
  • Sur dix ans, entre 2015 et 2025, France Télévisions aura ainsi versé environ 250 millions d'euros pour cette seule émission [N'oubliez pas les paroles]. (p. 407(PDF))
  • Mme Redde-Amiel ayant elle-même déclaré ne pas savoir quelles émissions faisaient l'objet de contrats pluriannuels. (p. 407(PDF))

Section 78 · p. 408–412

Gestion des contrats de production France Télévisions et statuts Radio France

III. > M.

« Il y a des contrats pluriannuels pour quelques jeux, souvent des marques emblématiques existant depuis longtemps, mais je ne saurai pas vous dire lesquels. »
Alexandra Redde-Amiel , Réponse à une question du président sur les contrats pluriannuels concernant les jeux. (p. 408(PDF))
« Cela renvoie à un principe assez simple d'organisation des administrations : la séparation entre ordonnateurs et comptables. Faire en sorte que ce ne soit pas la même personne qui ordonne un programme et qui décide de son coût est une sûreté apportée à l'entreprise. »
Arnaud Lesaunier , Justification de la séparation entre direction éditoriale et direction financière à France Télévisions. (p. 408(PDF))
« Je vous avoue avoir un peu de mal à comprendre vos réponses à des questions pourtant simples : existe-t-il oui ou non des contrats pluriannuels, notamment pour les jeux ? France Télévisions s'est-elle engagée sur plusieurs années sans pouvoir décider de mettre fin à certaines émissions, même si l'audience est en berne ? Pourquoi nous renvoyer à chaque fois à d'autres directions ? »
Charles Alloncle , Question du rapporteur aux directeurs de France Télévisions. (p. 409(PDF))
« Il résulte de l'ensemble de ces éléments que le système actuel de gestion des contrats de production est conçu, qu'on le veuille ou non, de manière à protéger les intérêts des prestataires privés plutôt qu'à optimiser l'emploi des deniers publics. »
rapport , Constat du rapporteur sur la gestion des contrats de production. (p. 409(PDF))
« d'une rare complexité de statuts et d'organisations, [résultant] de la sédimentation d'un grand nombre d'accords d'entreprise »
Cour des comptes , Caractérisation par la Cour des comptes de la gestion des ressources humaines à Radio France. (p. 410(PDF))
« alors que le code du travail prévoit la possibilité d'une mise à la retraite par l'employeur à partir de 67 ans contre le versement d'une indemnité, (…), par usage, Radio France paye cette indemnité dès lors que le salarié part après 65 ans »
Cour des comptes , Observation de la Cour des comptes sur les indemnités de mise à la retraite à Radio France. (p. 412(PDF))
« la révision des congés à la baisse pourrait constituer un gisement de gains de productivité si les organisations syndicales étaient allantes sur la question »
Cour des comptes , Observation de la Cour des comptes sur les marges potentielles d'économies à Radio France. (p. 412(PDF))
« organisation du travail atypique [à Radio France], notamment pour ceux qui travaillent la nuit »
Sibyle Veil , Justification par la PDG de Radio France des avantages sociaux des salariés. (p. 412(PDF))
  • La séparation stricte entre équipes éditoriales et équipes financières prive les décideurs éditoriaux de la connaissance du coût réel des programmes et de la marge captée par les prestataires. (p. 408(PDF))
  • Radio France comptait 4 672 collaborateurs au 31 décembre 2024 (hors CDDU), soit 4 502 ETP au total, dont 1 453 PTA production/technique (35 %) et 524 PTA administratifs (12,5 %). (p. 410(PDF))
  • Le nombre de jours travaillés par an par un journaliste de Radio France oscille entre 191 et 197, alors que le forfait légal est entre 218 et 236. (p. 411(PDF))
  • Les indemnités de départ versées à Radio France s'élèvent à 14 millions d'euros en moyenne par an entre 2017 et 2022. (p. 412(PDF))

Recommandations

  1. N° 63En finir avec le travail en silo des équipes éditoriales et des équipes financières pour mieux prendre en compte les aspects financiers des programmes produits par des sociétés externes au moment de décider de leur éventuel renouvellement. Les données de marge issues des audits de production devront être systématiquement transmises aux directeurs éditoriaux concernés avant toute décision de reconduction ou de résiliation d'un contrat. Chaque contrat de production supérieur à un million d'euros devra par ailleurs comporter une clause d'audience dont le non-respect ouvre à France Télévisions la faculté de résiliation sans indemnité. (p. 409(PDF))
  2. N° 64Solliciter auprès de la Cour des comptes, au titre du 2° de l'article 58 de la LOLF, une enquête portant sur les marges réalisées par les sociétés de production dans le cadre de leurs contrats avec France Télévisions, avec accès à la comptabilité générale des producteurs. Intégrer une analyse des marges réalisées par les sociétés de production contractant avec les entreprises de l'audiovisuel public lors de chaque rapport publié sur l'une de ces entreprises. (p. 410(PDF))

Section 79 · p. 413–417

Système de primes Radio France et plan d'économies — crédit d'impôt journalistes

III. > M.

« En tout, 65 primes sont recensées, liées aux conditions de travail ou à la fonction, qui vont de la prime de coiffure à l'indemnité sortie moto et au 13ème mois des journalistes. Articulées avec la diversité des statuts existants au sein de l'entreprise, ces différentes primes entraînent une exceptionnelle complexité de la gestion de la paie au sein du système d'information des ressources humaines (SIRH) : chaque mois, plus de 600 rubriques principales de paie génèrent jusqu'à 600 000 lignes de paie »
Cour des comptes , Description du système de primes à Radio France. (p. 413(PDF))
« la grande majorité des primes qui subsistent dans l'entreprise sont liées aux conditions et au temps de travail »
Marie Message , Réponse de la directrice générale en charge des moyens et des opérations sur les primes. (p. 413(PDF))
« Votre rapporteur considère pour sa part que l'histoire ne saurait indéfiniment tenir lieu de politique sociale, surtout lorsque c'est l'argent des contribuables qui en supporte le coût. »
rapport , Position du rapporteur sur l'accord d'entreprise de Radio France. (p. 414(PDF))
« ressources propres, […] principalement en lien avec les recettes de publicité »
Cour des comptes , Caractérisation des ressources propres de Radio France passées de 49,5 M€ en 2017 à 69,4 M€ en 2023. (p. 415(PDF))
« Ces dispositions se substituent à la déduction forfaitaire de 10 % pour frais professionnels dont bénéficient l'ensemble des salariés. Elles visent à prendre en compte, de manière forfaitaire, les spécificités inhérentes à l'activité des journalistes, lesquelles ne leur permettent pas de faire état de leurs frais professionnels réels et justifiés de manière compatible avec le principe de confidentialité qui résulte de la protection du secret des sources »
Jean-Raymond Hugonet , Explication par le sénateur rapporteur spécial de la déduction forfaitaire des journalistes. (p. 416(PDF))
  • Les primes de performance ne représentent que 1,1 % de la masse salariale brute de Radio France, contre 15 à 20 % dans des entreprises comparables du secteur privé. (p. 413(PDF))
  • Le rapporteur évalue entre 30 et 70 millions d'euros les économies potentielles d'une renégociation de l'accord d'entreprise de Radio France, retenant 50 millions d'euros annuels comme estimation moyenne. (p. 414(PDF))
  • Les ressources propres atteignent 14 % du total des ressources de France Télévisions en 2025 (285 M€ recettes publicitaires nettes + 117 M€ activités commerciales). Pour Arte : 1,9 M€ sur 300 M€. INA : 44 M€. Radio France : 15,41 %. (p. 415(PDF))
  • Si France Télévisions atteignait le niveau de la BBC (un tiers de revenus propres), la dotation de l'État serait réduite de 450 millions d'euros ; en consolidant Radio France, l'économie potentielle atteindrait 600 millions d'euros. (p. 416(PDF))

Recommandations

  1. N° 65Renégocier l'accord d'entreprise de Radio France afin de rationaliser le système des primes, réaligner le temps de travail effectif sur les normes légales et développer substantiellement la part variable de la rémunération liée à la performance, pour un gain estimé à 50 millions d'euros par an. (p. 415(PDF))
  2. N° 66Présenter et chiffrer l'abattement d'impôt sur le revenu dont bénéficient les journalistes dans le tome II Dépenses fiscales de l'Évaluation des voies et moyens annexée au PLF, et le rattacher aux dépenses fiscales du programme 180 Presse et médias de la mission Médias, livre et industries culturelles. (p. 417(PDF))

Section 80 · p. 418–423

Réforme déduction forfaitaire journalistes, partenariats public-privé, patrimoine et début examen en commission

III. > M.

« [Votre rapporteur pour avis] estime en effet que s'il est juste que le patrimoine contribue à l'effort imposé pour le redressement des comptes publics, il ne doit pas être exigé qu'il supporte un effort disproportionné. Il rappelle que le patrimoine, ferment d'unité, doit rester une grande cause nationale, une priorité politique pour faire nation. Le patrimoine contribue par ailleurs à la transmission de savoir-faire d'excellence, à la création d'emplois et au dynamisme économique du pays. La baisse des crédits demandée [dans le PLF] constitue pour votre rapporteur pour avis une menace majeure pour la préservation et la conservation du patrimoine et risque de remettre en cause de nombreux projets notamment dans les territoires ruraux. »
Jérémie Patrier-Leitus , Citation du rapport pour avis n° 2043 tome III sur le PLF 2026, 29 octobre 2025, p. 6. (p. 419(PDF))
« L'audiovisuel public et le patrimoine national participent l'un et l'autre, à des titres différents, d'un même projet de civilisation : transmettre aux générations futures ce qui fait la France, dans sa langue, dans ses images, dans ses monuments, dans ses références communes. »
rapport , Justification du fléchage des économies vers le patrimoine. (p. 419(PDF))
« Monsieur le rapporteur, mes chers collègues, je vous souhaite la bienvenue. Cette réunion, la dernière de notre commission d'enquête, est consacrée à l'examen du projet de rapport et au vote sur son adoption. »
Jérémie Patrier-Leitus , Ouverture de la réunion d'examen du rapport, 14h35. (p. 423(PDF))
« Une commission d'enquête, ce n'est pas la justice des politiques. Une commission d'enquête cherche des dysfonctionnements, met en lumière des manquements ; elle n'identifie pas des coupables ou des responsables. »
Jérémie Patrier-Leitus , Discours liminaire du président sur la nature des commissions d'enquête. (p. 423(PDF))

Recommandations

  1. N° 67Recentrer la déduction forfaitaire spécifique des journalistes en divisant son plafond par deux et en la réservant aux contribuables dont les revenus sont inférieurs au salaire médian, afin d'en renforcer l'équité et de réduire son coût pour les finances publiques. (p. 418(PDF))
  2. N° 68Étudier la possibilité de développer des partenariats public-privé dans le domaine de l'information locale, en examinant notamment la faisabilité d'un modèle de subvention de chaînes privées locales pour la réalisation de missions d'intérêt général non rentables, afin de concilier qualité de l'information et soutenabilité budgétaire. (p. 418(PDF))
  3. N° 69Utiliser les plus de 1 milliard d'euros d'économies identifiés sur l'audiovisuel public pour augmenter de moitié les crédits du programme budgétaire consacré à l'entretien du patrimoine et affecter les 500 millions d'euros restants au désendettement de l'État. (p. 421(PDF))