Préambules
Sommaire du rapport
4 citations · 1 constat
p. 8
a. Une trop grande profusion de chaînes ............................................................... 308
b. Des chaînes mal différenciées entre elles .......................................................... 309
i. France Inter : la grande station généraliste du service public ...................................... 311
ii. France Info TV, une chaîne d’information en continu qui peine à trouver sa place et
dont l’utilité n’est pas démontrée ............................................................................. 312
iii. RFI et France 24 : une reconnaissance certaine à l’étranger appuyée par un budget
annuel conséquent de près de 300 millions d’euros qui n’empêche pas une recherche à terme de synergies avec TV5 Monde et Radio France .......................................... 313
c. Un audiovisuel au caractère de service public mal affirmé, insuffisamment
différencié des chaînes privées : l’exemple du Mouv’ ..................................... 314
2. Une qualité insuffisante de la programmation .................................................. 316
a. La Jeunesse et la Culture, grandes victimes de l’explosion du paysage audiovisuel
français. ............................................................................................................. 316
b. Une qualité sujette à débat ................................................................................. 318
i. Une information publique qui peine à se différencier de celle diffusée sur les médias
privés ........................................................................................................................ 318
ii. Des journaux télévisés qui attirent une audience faible et vieillissante ...................... 319
iii. Conséquence de l’externalisation de la production, « France Télévisions ne contrôle
pas la ligne éditoriale de dizaines d’heures de programme » ................................... 320
iv. Une baisse de 26 % en 5 ans du temps consacré aux documentaires sur les antennes
de France Télévisions ............................................................................................... 322
v. Qu’il s’agisse des jeux ou de la fiction, la qualité comme la disproportion du
divertissement sont, elles aussi, à bien des égards critiquables. ............................... 325
vi. Certaines émissions de divertissement connaissent des débordements liés à leurs coûts
alors même que leur plus-value sur le service public demeure très contestable. ...... 328
vii. Une offre de fiction dont la qualité doit être rehaussée ............................................ 329
viii. France Télévisions achète massivement des droits de diffusion de compétitions
sportives alors même que la loi impose pour certaines déjà leur retransmission en clair ........................................................................................................................... 331
3. Un nécessaire recentrage de l’audiovisuel public sur sa vocation première, et une
rationalisation conséquente du nombre de chaînes et de stations .................... 335
a. Recentrer l’audiovisuel public sur des missions de service public clairement
établies et différenciées du privé ...................................................................... 335
b. Renforcer le caractère participatif de l’audiovisuel public ................................ 337
c. La rationalisation de l’audiovisuel public : pour un paysage audiovisuel mieux
défini, plus efficace, et plus efficient. ............................................................... 338
i. La structure du coût de grille de France Télévisions : missions irréductibles et postes
concurrentiels ........................................................................................................... 338
ii. Rationaliser l’offre à l’attention de la jeunesse........................................................... 341
iii. Libérer le canal hertzien de France 5, et fusionner avec France 2 ............................. 343
iv. Fusionner France 24 et de Franceinfo afin de créer un puissant pôle francophone de
l’information à l’identité éditoriale clairement distincte des chaînes privées. .......... 344
v. Fusionner France 3 et le réseau France Bleu pour donner naissance à une grande chaîne
de l’information locale et de représentation des territoires....................................... 345
p. 9
vi. Renforcer les synergies entre Radio France et France Télévisions pour rationaliser le
coût des fonctions supports entre ces deux entités ................................................... 346
III. DE LA GESTION FINANCIÈRE : LA NECESSITÉ DE RÉALISER DES
ÉCONOMIES STRUCTURELLES FACE À UNE TRAJECTOIRE FINANCIÈRE INCERTAINE ET À DES DÉPENSES MAL MAÎTRISÉES .. 348
A. UN AUDIOVISUEL PUBLIC DANS UNE SITUATION FINANCIÈRE
INQUIÉTANTE, NÉCESSITANT DES MESURES FORTES POUR GARANTIR SA PÉRENNITÉ .................................................................. 348
1. Une charge pour l’État de l’ordre de 4 milliards d’euros qui appelle un effort
renouvelé de transparence et de maîtrise des dépenses .................................... 348
a. Un financement initialement assuré par les téléspectateurs via la contribution à
l’audiovisuel public et désormais transféré à l’ensemble des contribuables .... 348
i. La contribution à l’audiovisuel public faisait principalement reposer le financement sur
les téléspectateurs ..................................................................................................... 348
ii. Un financement désormais assuré par l’ensemble des contribuables qui impose des
obligations renouvelées d’efficience et de probité pour le service public ................ 349
b. Un budget d'environ 4 milliards d'euros dont près des deux tiers alloués à France
Télévisions ........................................................................................................ 351
i. L'audiovisuel public français représente aujourd'hui un effort significatif pour le budget
de l'État. .................................................................................................................... 351
ii. Les montants, déjà importants, alloués à l’audiovisuel public ne reflètent pas l’effort
financier total consenti par l’État en sa faveur. ........................................................ 354
B. UNE SITUATION FINANCIÈRE HÉTÉROGÈNE SELON LES OPÉRATEURS MAIS GLOBALEMENT DÉGRADÉE ............................ 356
1. La situation financière de l’audiovisuel public connaît une inquiétante
détérioration malgré la diversité des situations ................................................ 356
a. France Télévisions, une situation financière alarmante fruit de multiples dénis et
de mécanismes de contrôles défaillants ............................................................ 356
i. Les ressources publiques de France Télévisions sont en nette hausse sur dix ans, le
désengagement de l’État s’avérant très récent .......................................................... 356
ii. Un constat à nuancer : des ressources globalement préservées, mais une planification
budgétaire rendue impossible par les à-coups de l'État ............................................ 360
iii. France Télévisions accumule un déficit inquiétant depuis de nombreuses années et
sans action probante pour inverser la trajectoire ...................................................... 361
iv. Une communication fallacieuse qui camoufle l'absence de mesures concrètes pour
rechercher l’équilibre budgétaire .............................................................................. 362
v. Des artifices comptables qui méritent d’être interrogés .............................................. 364
vi. Les critères de la prime de performance de la présidente, versée à hauteur de 98,5 %,
alors que l’entreprise connaît une situation financière critique, interrogent la stratégie poursuivie par le groupe ........................................................................................... 365
vii. Les alertes des commissaires aux comptes en conseil d’administration ne semblent
pas avoir attiré l’attention des administrateurs ......................................................... 367
viii. Des plans d’économies ambitieux mais jugés irréalistes par les autorités de contrôle,
qui appellent à être consolidés .................................................................................. 368
b. Radio France : des fragilités qui appellent des mesures de bonne gestion ........ 370
i. Une forte dépendance aux ressources publiques pour un groupe étendu ..................... 370
p. 10
ii. Une situation financière fragile................................................................................... 371
iii. Une situation résultant d'insuffisances structurelles de gestion, malgré le dynamisme
et la popularité des programmes ............................................................................... 372
iv. Des effectifs musicaux de Radio France qui interrogent ........................................... 374
c. France Médias Monde : une situation financière équilibrée mais présentant des
marges d'amélioration ....................................................................................... 375
d. L’Institut national de l’audiovisuel : des leviers d’économies à rechercher
activement ......................................................................................................... 376
2. Une fragilité financière de l'audiovisuel public due à des dysfonctionnements
structurels ......................................................................................................... 379
a. France Télévisions : des dépenses de fonctionnement disproportionnées et mal
maîtrisées .......................................................................................................... 379
i. Une masse salariale non maîtrisée, héritage d'une rigidité organisationnelle ancienne379
ii. Un niveau de rémunération élevé et des postes dont la réalité mérite d'être interrogée382
iii. Une rationalisation insuffisante des frais de mission ................................................. 393
iv. Des dépenses somptuaires nombreuses et injustifiées ............................................... 394
v. Un avantage en nature discutable : le parc des véhicules de fonction ........................ 397
b. Des ressources publiques mal orientées : entre échecs stratégiques d’ampleur et
production externalisée captée par un oligopole privé ..................................... 399
i. Des échecs commerciaux patents : France Info TV, Salto, Francetv Slash ................. 399
ii. Une transparence insuffisante quant à l'utilisation de l'argent public et la rémunération
des acteurs ................................................................................................................ 403
c. Radio France : un cadre protecteur, nécessaire au vu de la spécificité des
missions, mais une organisation interne à moderniser à des fins d’efficience . 412
i. Une situation financière plus stable mais marquée par des dispositifs de contrôle interne
et une trajectoire budgétaire non maîtrisée ............................................................... 412
ii. Des statuts rigides peu propices à l’efficience de l’entreprise .................................... 412
iii. Un système de primes nécessitant une refonte globale .............................................. 415
iv. Une priorité : renégocier l’accord d’entreprise de Radio France ............................... 416
C. APRÈS AVOIR ASSAINI SES PRATIQUES, SAUVER LE SERVICE
PUBLIC DE L’AUDIOVISUEL EN RATIONALISANT SES DÉPENSES . 417
1. Mettre en œuvre un plan de réduction des dépenses de près de 1 milliard d’euros
.......................................................................................................................... 417
a. La nécessité pour l’audiovisuel public de développer des nouvelles ressources
propres .............................................................................................................. 417
b. Le crédit d’impôt pour les journalistes : une dépense fiscale qui mérite d’être
recentrée ............................................................................................................ 418
c. Examiner la possibilité de partenariats public-privé dans le domaine de
l'information locale ........................................................................................... 420
d. Réaffecter les économies à la rénovation du patrimoine et à la réduction de la
dette .................................................................................................................. 421
EXAMEN EN COMMISSION ............................................................. 425
p. 11
LISTE DES PERSONNES AUDITIONNÉES ..................................... 485
CONTRIBUTIONS DES GROUPES POLITIQUES ET DES DÉPUTÉS495
1. Contribution du groupe Rassemblement National ............................................ 495
2. Contribution du groupe Ensemble pour la République..................................... 498
3. Contribution du groupe La France insoumise - Nouveau Front Populaire ....... 508
4. Contribution du groupe Socialistes et apparentés ............................................. 511
5. Contribution du groupe Droite Républicaine .................................................... 518
6. Contribution du groupe Écologiste et Social .................................................... 522
7. Contribution du groupe Les Démocrates .......................................................... 530
8. Contribution de M. François-Xavier Ceccoli, député de la Haute-Corse ......... 537
9. Contribution de M. Denis Masséglia, député du Maine-et-Loire ..................... 543
10. Contribution de M. Emmanuel Maurel, député du Val-d’Oise ...................... 547
11. Contribution de M. Christopher Weissberg, député des Français établis hors de
France ............................................................................................................... 551
p. 13
AVANT-PROPOS DU PRÉSIDENT
« Un peuple libre a le droit de tout voir et de tout savoir. » Condorcet
« L’éthique intellectuelle passe par le respect des faits et l’impartialité dans la
discussion. » N. Baverez sur Raymond Aron
« La civilité est la première règle de la vie publique. » Cicéron
Introduction Depuis Cicéron au moins, nous savons que la vie publique et la politique doivent reposer sur trois valeurs cardinales : la civilité, le respect et la vérité. Elles sont la condition du débat démocratique. Ainsi, dans une démocratie, le Parlement n’est pas seulement un espace de confrontation politique : il doit être le lieu où la parole remplace la violence, où les désaccords partisans, les querelles politiques ne sacrifient jamais, malgré leur virulence, le respect de l’autre, où le contrôle et la transparence s’appuient sur les faits, la vérité des faits.
Le Parlement doit demeurer le lieu de la « conversation », aussi vigoureuse soit-elle, sans jamais verser dans la violence verbale ou les attaques ad hominem.
Le Parlement ne peut pas être la fabrique de la colère, celle que certains parlementaires cherchent à susciter parmi les Français et qui est en train de devenir le langage politique ordinaire.
Car si nos institutions représentatives renoncent à ces exigences, si nous, responsables politiques, acceptons d’être conduits par nos passions là où la raison devrait nous guider, c’est la confiance de nos concitoyens dans la démocratie et leurs représentants qui s’affaiblit.
Parce que les commissions d’enquête sont devenues, au fil des ans, des instruments essentiels du « contrôle parlementaire » dotés de pouvoirs importants et spécifiques, parce qu’elles touchent précisément à la transparence de l’action publique, à l’utilisation de l’argent public, parce que, dans un contexte d’atonie législative et d’impuissance du politique, elles éclairent les citoyens et suscitent légitimement l’intérêt des médias et des Français, elles exigent une exemplarité particulière de la part
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de celles et ceux qui les conduisent et l’engagement absolu de ne pas les instrumentaliser à des fins politiques ou personnelles.
Ce travail exigeant de contrôle et de transparence requiert un cadre sérieux, digne et respectueux : des échanges rigoureux, le respect des parlementaires entre eux ainsi que des personnes auditionnées.
Les interrogations, aussi légitimes soient-elles, les investigations, aussi nécessaires soient-elles, ne doivent pas laisser place aux attaques individuelles ou aux mises en cause personnelles.
En effet, sous peine d’être dévoyées, et malgré l’obligation de comparaître, de prêter serment et de déposer sous peine de poursuites pénales, les commissions d’enquête ne sauraient être « la justice des politiques », et les auditions qu’elles mènent ne sauraient être une succession de procès individuels où l’on vient désigner nos concitoyens à la vindicte publique.
La séparation des pouvoirs, fondement de nos démocraties, établit clairement que les parlementaires ne sont ni des juges ni des procureurs et que le Parlement n’est pas un tribunal.
Là où la justice recherche des coupables, identifie des responsables, les commissions d’enquête doivent mettre en lumière des manquements et des dysfonctionnements pour les corriger et y apporter des réponses rapides, fermes et ambitieuses.
Elles doivent s’appuyer sur la recherche de preuves, sur les faits, sur la vérité des faits, et ne sauraient reposer sur des insinuations ou des calomnies.
Enfin, la transparence, que l’on doit aux Français, n’a rien à voir avec le voyeurisme ou la démagogie et ne doit jamais être un prétexte pour transformer ces commissions en lieu de la politique spectacle où l’on vient chercher le bruit médiatique.
À cet égard, les travaux de la commission d’enquête sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public, que j’ai présidée et qui fut sans doute l’une des plus suivies et médiatisées, n’auront pas toujours respecté ces principes cardinaux du travail parlementaire, au risque de fragiliser encore davantage nos institutions démocratiques et la confiance des Français dans l’action publique.
Je le regrette vivement et j’en prends ma part de responsabilité.
Je forme le vœu que nous en tirions collectivement les enseignements car cette commission d’enquête restera comme le symptôme de l’évolution délétère de notre débat public, de la polarisation de notre vie politique et, plus largement, de la spectacularisation de la démocratie où les coups d’éclat, les passes d’armes et la recherche de la lumière médiatique remplacent le travail de fond.
En définitive, une question vertigineuse s’impose : que sommes-nous prêts à sacrifier, nous les responsables politiques, pour la reconnaissance, les poussières, les quarts d’heure de gloire et pour nos intérêts personnels et partisans ?
« Les commissions d'enquête ne sauraient être « la justice des politiques », et les auditions qu'elles mènent ne sauraient être une succession de procès individuels où l'on vient désigner nos concitoyens à la vindicte publique. »
« Là où la justice recherche des coupables, identifie des responsables, les commissions d'enquête doivent mettre en lumière des manquements et des dysfonctionnements pour les corriger et y apporter des réponses rapides, fermes et ambitieuses. »
« À cet égard, les travaux de la commission d'enquête sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l'audiovisuel public, que j'ai présidée et qui fut sans doute l'une des plus suivies et médiatisées, n'auront pas toujours respecté ces principes cardinaux du travail parlementaire, au risque de fragiliser encore davantage nos institutions démocratiques et la confiance des Français dans l'action publique. »
« Cette commission d'enquête restera comme le symptôme de l'évolution délétère de notre débat public, de la polarisation de notre vie politique et, plus largement, de la spectacularisation de la démocratie où les coups d'éclat, les passes d'armes et la recherche de la lumière médiatique remplacent le travail de fond. »
Constat