Thématique du rapport
Climat social et souffrance au travail à France Télévisions
Thématique évoquée dans 1 audition(s) de la commission d'enquête sur l'audiovisuel public.
Citations du rapport
« politisation, notamment de la présidence de l'entreprise, pose d'autant plus problème qu'elle se double d'une grande mainmise du président sur les nominations aux postes stratégiques. Elle peut s'avérer inefficiente, car l'engagement ou les prises de position politiques ou stratégiques des personnes nommées sont susceptibles d'être privilégiées par rapport à leurs compétences réelles dans le domaine de la culture ou de l'audiovisuel »
« la charte de l'éthique des journalistes dispose notamment que le journalisme refuse et combat toute confusion entre journalisme et communication. À cet égard, les écarts constatés sur Radio France et France Télévisions sont liés non pas à un problème de définition des concepts, mais à un problème de gouvernance que je soulignais déjà dans ma thèse. La trop grande centralisation et l'absence de démocratie interne font que les décisions ne sont ni transparentes ni justifiées. On peut organiser une gouvernance plus démocratique avec de réels contre-pouvoirs pour s'assurer que seront nommées des personnes respectées dans le milieu du journalisme pour leur attachement aux principes déontologiques »
« laisse de fait un pouvoir quasi absolu aux présidents des chaînes, qui nomment et révoquent aux emplois stratégiques et qui prennent parfois les décisions importantes sans même en référer aux membres du conseil »
« de nombreuses versions ont été servies au policier [enquêtant sur les conditions de la nomination de Delphine Ernotte Cunci] sur les véritables rédacteurs du programme de Delphine Ernotte. Devant un policier, (Delphine Ernotte Cunci) confirme qu'elle a été la seule rédactrice de son projet stratégique pour France Télévisions (en 2015) : « Je vous le confirme, j'en suis la seule rédactrice, avec l'aide de Stéphane Sitbon-Gomez. Personne d'autre n'a mis la main à la pâte. » »
« un apparatchik, un homme d'appareil »
« France Télévisions est devenue un abattoir »
« mal-être profond, à une échelle collective »
« des inégalités d'accès aux tâches et statuts les plus valorisés dans le métier »
« mépris des expériences passées et accumulées »
« génèrent risques psychosociaux, souffrance, mal-être, et perte de confiance en soi »
« achèterait le silence »
« personne de France Télévisions m'a déjà envoyé des messages suggestifs / à caractère sexuel dans le cadre du travail. Les très rares fois où j'ai évoqué cette situation sans désigner l'identité de la personne ou lorsque des cas similaires au mien ont été évoqué, on m'a bien fait comprendre que le faire remonter aux RH ou en parler pouvait compromettre mes chances d'être rappelée en pige, en CDD, voire tout simplement d'obtenir mon immatriculation »
« harcèlement organisé par cette direction, hyper verticale, sans espace de liberté ni éditoriale ni personnelle, qui coupe les têtes qui dépassent. Harcèlement qui ne m'est pas personnel mais que je constate à tour de rôle envers mes collègues également »
« Dans mon service, régulièrement, des journalistes sont en larmes ou sont verbalement très violents. Nous avons fait un stage de communication non-violente qui n'a servi à rien ! Il y a beaucoup d'arrêts de travail car je pense que les gens sont à bout… »
« la direction nous répond systématiquement qu'on n'a qu'à démissionner »
« les qualificatifs récurrents relevés dans les témoignages et entretiens pour parler des salariés ex-France 3 sont « fainéants », « rebelles », « fortes têtes », « ploucs », « bouseux »
« Venant de région... J'ai dû refaire mes preuves à la Rédaction Nationale... L'étiquette « plouc de province » a collé 10 ans... Et aujourd'hui avec la fusion l'étiquette « vieux plouc ringard fainéant » de la 3 est bien ancrée dans les esprits et dans les usages dans toutes les décisions de direction »
« Il y a une véritable condescendance envers les gens de la 3, depuis longtemps, on est traités de « ploucs ». Lors de la fusion des services, les rédacteurs en chef, tous issus de la 2, ont désigné ceux qu'ils connaissent pour bosser avec, c'est systématique depuis et ce ne sont pas ou peu ceux de la 3. »
« les conférences critiques post-JT ont parfois été, avec des équipes d'édition précédentes, un lieu propice à l'humiliation, à des crises de colère ou au rabaissement des journalistes »
« cela fait longtemps que les journaux télévisés de France Télévisions ne sont plus des journaux de la rédaction mais des journaux de rédacteurs en chef »
« difficultés d'accès aux locaux inédites. Lors de la réunion tripartite la direction nous a indiqué ne pas pouvoir nous fournir un badge d'accès pour la durée de l'expertise, comme cela avait pu être le cas dans toutes les autres expertises réalisées par le Cedaet à France Télévisions »
« a provoqué de la souffrance dans ses équipes »
« la semaine du 19 mai, une présentatrice est sortie du studio en pleurs après avoir dû mener une interview tout en recevant des ordres, semble-t-il très véhéments dans l'oreillette. « Agnès lui hurlait dessus » assure une journaliste témoin de la scène »
« toujours plus verticale et condescendante »
« il n'y a plus de rencontres (de Mme van Reeth) avec la rédaction, hormis les présentations d'audiences, et toujours avec Sibyle Veil »
« s'enfermait de plus en plus et s'est coupée de tout le monde, à la rédaction et aux programmes »
« propos brutaux, (d'une) attitude menaçante et condescendante, (d'une) posture paternaliste »
« une dégradation préoccupante des conditions de travail »
« la mise en place d'une prime de risque pour les journalistes sur le terrain pourrait être perçue comme un encouragement (sic) à la prise de risques pour la réalisation d'un reportage en zone dangereuse »
Auditions liées
Thématique évoquée dans 1 audition(s) de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public.